L'IVG, un enjeu primordial

Dernière mise à jour : 9 juin

Un article de Valérie Cabrol


L'IVG, c'est quoi ?


Une IVG, c'est une Interruption Volontaire de Grossesse, plus couramment appelé avortement. En France, la personne portant l'embryon est la seule juge de la situation et est libre de sa décision d'effectuer une IVG ou non.


Les plus grands réfractaires à l'IVG sont les membres du mouvement pro-life, qui placent la vie du fœtus au-dessus des conséquences économiques et sociales de la grossesse sur la vie de la mère.



L'IVG en France



En France l'IVG est autorisé grâce à la loi Veil (Simone) depuis 1975, loi dépénalisant l'avortement. Cette loi permet à toute personne enceinte qui s'estime en situation de détresse de demander à un médecin ou une sage-femme l'interruption de sa grossesse.

Il n'y a pas de condition d'âge pour accéder à l'IVG, et chaque patient.e a le droit de garder l'anonymat. La procédure est remboursée par la sécurité sociale, rendant l'avortement gratuit.


Le 23 février 2022, l'Assemblée Nationale a voté l'allongement du délai avant d'effectuer un IVG, le faisant passer de 12 semaines à 14 semaines.



L’IVG dans le monde


Dans certains pays, l'IVG est permis SEULEMENT sous certaines conditions :

  • En cas de viol

  • Si la grossesse représente un risque pour la vie de la mère

  • Si le fœtus présente une malformation

Par exemple, dans certains pays d'Amérique latine, l'IVG est autorisée sous ces conditions. Malheureusement, encore aujourd'hui, un grand nombre de pays interdisent et pénalisent la pratique de l’IVG. Dans trop d'États, l’IVG reste une pratique illégale et punie par la loi.



Méthodes d'IVG


L’IVG Médicamenteuse


Méthode réalisée jusqu'à la 9ème semaine d'aménorrhée (absence des règles). La prise d'un médicament déclenche les contractions et l’expulsion du fœtus.

Deux produits sont utilisés :

- la mifépristone (RU 486), à action antiprogestative, qui a pour effet d'interrompre la grossesse

- le misoprostol, analogue de la prostaglandine E1, qui augmente les contractions et permet l'évacuation de l'œuf.

Effets secondaires : saignements génitaux importants et troubles digestifs divers.


L’IVG instrumentale ou chirurgicale


Méthode réalisée sous anesthésie locale ou générale.

Elle est obligatoirement pratiquée dans un établissement de santé (hôpital ou clinique).

Cette méthode est utilisée lorsque la grossesse est plus avancée.


En France, l’IVG nécessite au moins 5 consultations médicales :

  • 2 consultations médicales préalables,

  • une consultation pour la prise du médicament en présence d’un médecin, d’une sage-femme ou d’une infirmière

  • un rendez-vous de contrôle 15 jours après

L’avortement clandestin


En raison de l'illégalité de l’IVG dans de nombreux pays, un nombre inimaginable de femmes se soumettent à des avortements clandestins réalisés dans de très mauvaises conditions sanitaires.


L'illégalité de ces interventions est la cause d’une forte mortalité féminine à travers la planète. Souvent, les victimes d'IVG illégales meurent suite à des hémorragies, des septicémies ou des empoisonnements. Des millions de femmes gardent des séquelles à vie : infertilité, douleurs, cicatrices.


20 millions d’avortements sont pratiqués chaque année en dehors de structures adaptées ou par des personnes n’ayant pas les compétences nécessaires pour réaliser un avortement ou auto-administrer par les femmes elle-mêmes.



L'influence des religions et de croyances


Selon l’ONU, le droit à l’avortement est reconnu comme un droit de l’Homme. Cependant, dans les pays où l'IVG n’est pas légale (et même dans certains où l'IVG est légale), les féministes doivent faire face aux mouvements dit pro-life, “pro-vie” qui sont généralement des groupes d’inspiration religieuse et conservatrice.


À l’heure d’aujourd'hui, l’interruption volontaire de grossesse fait toujours l’objet de vifs débats à travers le monde. Par exemple, en Pologne, le Tribunal constitutionnel a restreint par une décision du 22 octobre 2020 le droit à l’IVG, interdisant les avortements en cas de malformation du fœtus.


Image truquée d'un foetus avorté

Les groupes pro-life diffusent régulièrement des images truquées et fausses de fœtus extrêmement développés soi-disant avortés (voir ci-contre). C'est loin d'être le cas : les ovules fécondés sont extrêmement petits et ne ressemblent absolument pas à des bébés. Ces images sont censées attirer la pitié et dissuader les femmes de procéder à une IVG.



"L'avortement n'est pas qu'un enjeu médical : c'est également un enjeu politique."


Historiquement, le droit à l'avortement a toujours été menacé quand l'extrême droite conservatrice accède au pouvoir, comme en Pologne, en Hongrie ou au Brésil. Malgré notre confort en France, il est primordial de ne pas laisser une ouverture à l'extrême droite, sous peine de perdre nos droits si durement acquis.


Le droit à l'avortement est directement lié à l'accès à l'éducation, aux soins et à l'indépendance des femmes, même si les États anti-avortement démentissent ce fait et prétendent avoir nos intérêts à cœur.


Pas d'utérus, pas d'opinion !


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