top of page

Portrait #6 - Claire Lacombe, comédienne révolutionnaire


Claire Lacombe,

1765-1826




En 1785, Claire Lacombe quitte sa ville natale de Pamiers (Ariège) avec un marchand qui lui a promis de la présenter à une troupe de Montpellier (Hérault).


L’expérience tourne court mais Claire, qui choisit le pseudonyme de Rose, se fait remarquer dans les pièces de Corneille et Racine, jouées jusqu’à Marseille et Lyon.




Les directeurs de théâtres ne remettent pas en cause son talent, mais s’inquiètent de ses opinions politiques et finissent tous par la congédier.


Au printemps 1792, elle tourne le dos à sa prometteuse carrière pour embrasser celle de l’engagement public.


Le 10 août, son ardeur la pousse à participer, avec un bataillon de Fédérés, à la prise du château des Tuileries qui mène à la chute de la monarchie.

Claire devient une militante active de la Société fraternelle, un club qui se donne pour mission d’exalter les valeurs révolutionnaires et de réclamer la réforme du mariage et l’éducation des femmes.


Sa blessure au poignet contractée pendant les événements lui vaut une couronne civique et un certificat de bravoure.


Consciente du rôle supplétif des femmes dans les clubs masculins, elle fonde avec sa complice Pauline Léon, en mai 1793, la Société des républicaines révolutionnaires.

Face à la menace des armées étrangères coalisées, elle se fait craindre de ses ennemis en demandant « des piques et des poignards pour les femmes ».


Dans la rue, les affrontements font rage. Un énième risque avec des femmes des Halles pousse la Convention à interdire à la fin octobre l’ensemble des clubs féminins. Son rapprochement avec le mouvement radical hébertiste lui vaut d’être arrêtée en avril 1794. Emprisonnée durant 16 mois, au Plessis puis à la prison du Luxembourg, où elle vend à ses compagnons de cellule du tabac, du papier et un peu d’alimentation, elle échappe de peu à la guillotine. À sa sortie, elle décide de quitter le champ politique et de retourner à ses premiers amours : le théâtre.


Malheureusement, le théâtre de la République où elle se produit est acculée à la faillite. Sans ressource, elle emprunte ici et là de l’argent qu’elle ne peut rembourser. Elle est admise en tant qu'"aliénée" à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière le 19 juin 1821, où elle est référencée comme étant institutrice. Elle décède d'un anévrisme du cœur le 2 mai 1826.


Claire Lacombe fait partie des militantes tombées dans l’oubli, pourtant le féminisme doit énormément à son courage et à sa passion.


Pour aller plus loin


Article : Claire Lacombe, la féministe méconnue de la Révolution Française, disponible ici


Livre : Michèle Fabien, Claire Lacombe, Éditions Actes Sud-Papiers, 1989.


74 vues0 commentaire
bottom of page