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Portrait #15 - Hélène Berteaux, sculptrice féministe


Hélène Bertaux,

1825-1929



Hélène Bertaux, née à Paris en 1825, a été une sculptrice française et militante pour les femmes artistes.


Dès l’âge de douze ans, Hélène Bertaux bénéficie d’un accès privilégié à la formation artistique grâce à son beau-père Pierre Hébert, sculpteur et réparation de plâtre.


Elle commence par la réalisation de nombreuses sculptures de petites dimensions avant de se tourner vers des œuvres de tailles plus importantes aux thèmes religieux ou mythologiques.




Par la suite, elle se formera auprès du sculpteur Auguste Dumont. Entre 1840 et 1855, elle répond à de nombreuses commandes pour des sujets de décoration de pendules. Elle entretient par exemple des relations privilégiées avec l’empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie, ainsi qu’avec la Princesse Mathilde Bonaparte.


Hélène Bertaux a gagné plusieurs médailles et prix. En effet, elle fut la première femme sculptrice française à recevoir une médaille d’or et est derrière plusieurs oeuvres monumentales tels que les deux bas reliefs de la décoration extérieure du Louvre, 3 figures situées à l’église néo-gothique de Saint-Laurent à Paris, deux bustes à l’Opéra Garnier, une fontaine à la ville d’Amien ainsi qu’une allégorie de la sculpture commandée par le ministère des Beaux-arts pour la façade du musée de Grenoble.


Dès 1854, elle signe ses œuvres du nom de « Madame Léon Bertaux », nom de son nouveau compagnon qu'elle ne pourra épouser qu'en 1866, après la mort de son premier mari, puisque le divorce était alors interdit.


Au XIXe siècle, dans le monde de l'art, les femmes étaient très souvent considérées par les artistes masculins comme des muses inspiratrices et des modèles mais rarement reconnues comme artistes.


Si Hélène Bertaux est la première sculptrice à obtenir une consécration officielle pour son œuvre, elle met sa notoriété au service de la reconnaissance du statut artistique des femmes.

Cette républicaine engagée, issue d'un milieu ouvrier, s'est battue pour que les filles puissent intégrer l'Ecole des Beaux Arts de Paris, chose qui était interdite et mal vue dans une société prédominée par les artistes masculins.


Elle se mobilise pour l’éducation artistique des femmes et ouvre les premiers cours de modelage pour les femmes en 1873.

Très demandée comme professeure, elle fonde avec quelques-unes de ses élèves l'Union des femmes peintres et sculpteurs en 1881. Cette association sera ensuite reconnue d’utilité publique en 1892 et dont Hélène sera présidente jusqu’en 1894.


Le but de cette association est de permettre aux femmes françaises et étrangères d'obtenir un véritable statut d'artiste et de créer une solidarité entre elles. Depuis 1889, Hélène Bertaux menait un combat de longue haleine pour tenter de réaliser son rêve : faire bénéficier les femmes de la qualité et de la gratuité de l'enseignement de l'École des beaux-arts de Paris, et leur permettre d'accéder au prestigieux concours du prix de Rome.


Ce n’est qu’en 1897, que Bertaux obtient officiellement l’ouverture de l’École des Beaux-arts aux femmes et réussit à mettre en place la mixité au prix de Rome par la suite (1903).


Pour aller plus loin


Article : Sculptrice et militante des droits des femmes française, par Si, si, les femmes existent ! disponible ici


Photos : Archives des premiers ateliers artistiques pour femmes, disponibles ici

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